du Réseau québécois de Villes et Villages en santé

    Vol. 6 No 2 - Année 1997   (SSN 1192-3016)



Nouvelles du centre d’information

Que 1998 soit, pour vous tous, remplie de ces petites et grandes réalisations qui font les grands succès !

Voilà enfin de retour le Bulletin qui s’est fait attendre quelques mois ; veuillez accepter, chers lecteurs, nos humbles excuses.

Depuis le dernier numéro, nous n’avons pas chômé, notons entre autres que le nouveau conseil d’administration du Réseau a tenu une journée de réflexion qui a permis de préciser les priorités d’action tant pour les membres du Conseil que pour l’équipe du Centre d’information.

Les journées annuelles de Santé publiques ont été une occasion de diffuser les réussites des Villes et Villages en santé. D’ailleurs, le processus d’implication de la Santé publique et des CLSC dans les projets VVS suit son cours et commence à porter fruit. Nous vous en reparlerons sûrement dans un numéro ultérieur.

Le prochain colloque aura lieu à Trois-Rivières, les 25 et 26 septembre prochains. Comme par les années passées, nous vous attendons en grand nombre !

Par ailleurs, c’est avec un réel plaisir, et, un certain soulagement, que je vous annonce la mise en route du site internet du Réseau que vous trouverez à l’adresse : http://www.cspq.ca/vvs. Sa mise en opération a été laborieuse et nous espérons qu’il répondra adéquatement aux besoins de ses utilisateurs. Si vous avez des commentaires et des suggestions, n’hésitez pas à nous en faire part.

Bonne lecture !
Agnès Dupriez-Coutlée

 

L’équipe VVS est productive !!!

C’est le 3 janvier que Michelle, la seconde fille de Lise Cardinal est née. La jolie petite fille semble être le portrait de sa maman, quelle chance ! Lise reviendra travailler avec nous à la fin de l’été. Toutes nos félicitations aux heureux parents.

 

La bonne nouvelle de St-Jérôme

Chaque semaine, trois hebdos régionaux publient une chronique de bonnes nouvelles. Réalisée par le comité Ville en santé de Saint-Jérôme, il s’agit d’un moyen intéressant de mise en valeur des ressources positives de la communauté, de donner une importance accrue aux gestes d’entraide ainsi qu’aux petits et grands succès de la communauté. La chronique est ouverte à tous, même aux journalistes, et privilégie les bonnes nouvelles qui ont un impact positif sur la communauté et qui suscitent la fierté.

 

Le coin lecture

Rebâtir les campagnes

Rebâtir les campagnes rend compte des faits et dires du 1ier Rendez-vous des acteurs du développement local en milieu rural qui s’est tenu à Saint-Germain-de-Kamouraska en septembre 1996. Certes, ces textes ne peuvent pas rendre compte de la richesse et de la chaleur qui ont caractérisé les échanges des 250 participants sur le développement local en milieu rural. Ils rassemblent cependant un nombre important de textes fondamentaux, d’études et de rapports d’expériences locales originales qui confirment, avec éloquence, que le développement local est désormais une réalité incontournable dans toutes les campagnes du Québec. Dans un contexte économique qui tend à marginaliser l’arrière-pays et dans la perspective de régionalisation des politiques québécoises de développement, le développement local est un outil essentiel pour l’avenir des campagnes. Ces textes sont une mine importante d’information sur l’orientation des nouveaux régionalismes qui marquent l’évolution du Québec à l’aube du deuxième millénaire. Ce livre est publié aux Éditions Trois-Pistoles (418) 851-6852.

 

L’action communautaire dans les HLM de Montréal.

Il ne s’agit certes pas d’un roman, mais bien plutôt d’un répertoire des projets communautaires destiné tout d’abord aux différents intervenants et organismes communautaires ou institutionnels afin de les informer sur les ressources oeuvrant dans les HLM. Les auteurs espèrent aussi contribuer au développement d’une réflexion autant sur les objectifs que sur les balises et les limites de ce type d’intervention.

Sa lecture nous brosse un tableau vivant de l’action communautaire en HLM. La diversité, l’importance et le dynamisme de celle-ci en étonnera plus d’un. Ainsi, on retrouve, au sein de ces habitations, des centres pour jeunes, des services d’aide pour les personnes âgées, des haltes-garderies pour les mères de famille monoparentale, des cuisines collectives, des plateaux de travail pour les déficients intellectuels et beaucoup d’autres choses encore.

L’Office municipal d’habitation de Montréal a d’ailleurs favorisé différentes initiatives et a développé une approche de l’action communautaire originale dont nous avons déjà eu l’occasion de parler dans des numéros précédents. Les projets soutenus doivent favoriser la prise en charge des locataires, avoir leur point de départ dans leur milieu de vie (l’habitation) et avoir des retombées positives pour le quartier avoisinant. Bref, à l’OMHM, on considère que le développement social et communautaire peut se faire à partir de l’habitat.

 

L’action communautaire à Sherbrooke

S’il y a un peu plus d’un an que la Ville de Sherbrooke s’est dotée d’orientations ainsi que d’un cadre d’action communautaire, c’est qu’elle n’entend pas travailler seule au développement de Sherbrooke, mais bien en concertation avec l’ensemble de ses partenaires. Par ce document, elle cherche à obtenir des effets structurants et équitables à moyen et long terme. Ainsi, la Ville s’engage, par ses interventions, dans la limite de ses moyens et dans le cadre de ses compétences, à réduire les écarts et à assurer à tous les citoyens l’accès le plus universel possible aux ressources municipales.

Il s’agit d’un document très intéressant pour ceux et celles qui voudraient doter leur municipalité d’une telle politique.

 

Le Chez-Nous de Saint-Joseph de Sorel Lauréat du prix Mgr Langevin

Créés à l’occasion du début de la Décennie pour l’élimination de la pauvreté, les Prix Mgr Langevin veulent faire connaître et reconnaître des initiatives d’organisations qui visent à contrer la pauvreté économique dans le diocèse de Saint-Hyacinthe.

Dans la catégorie municipalité, le Prix 1997 a été décerné au Chez-Nous de Saint-Joseph-de-Sorel. Il s’agit d’un centre communautaire aménagé dans un local municipal de manière permanente.

Cette initiative est née de la préoccupation des autorités municipales et autres instances du milieu pour l’amélioration des conditions de vie d’une population qui compte de nombreux citoyens à faible revenu ainsi qu’une forte proportion de personnes âgées.

Fruit de nombreuses consultations et d’une collaboration étroite avec le CLSC du Havre, le Chez-Nous offre gratuitement des activités, des services et du soutien. Le soulagement des conséquences de la pauvreté est au coeur de ce projet.

 

Les nouveaux arrivants

L’Estrie et l’Abitibi-Témiscamingue rivalisent de dynamisme. En effet, nous avions oublié de vous mentionner dans le dernier numéro l’adhésion de Saint-Georges-de-Windsor, une municipalité de 900 habitants située en Estrie tout comme East-Angus. L’Abitibi-Témiscamingue, quant à elle, a rallié Barraute, Duparquet et Macamic.

C’est sous le thème de la fraternité communautaire qu’une douzaine de citoyens, représentant divers organismes de Saint-Georges-de-Windsor, se réunissent régulièrement afin d’améliorer la qualité de vie de leurs concitoyens. Ils ont déjà à leur actif différentes réalisations telles qu’une chaîne de fraternité (école-communauté), un dépliant d’accueil pour les nouveaux arrivants, un panneau de bienvenue ainsi que des actions de reconnaissance comme un tableau d’honneur. Ils souhaitent répandre leur fierté contagieuse à tout le village tout en faisant la promotion du respect comme valeur de base. Si chacun saisit cette occasion d’agir ensemble, on aura là les conditions les plus propices à un avenir prometteur.

East-Angus (3 800 habitants), a commencé en grand avec un comité promoteur composé de 25 personnes et subdivisé en 4 sous-comités : touristique, jeunes et avenir, travail pour tous, fierté. Parmi les projets prévus, mentionnons l’aménagement de pistes cyclables, la distribution d’économiseur d’eau, la sélection d’un logo et d’un slogan représentatif de la Ville ainsi qu’une promotion d’emplois d’été pour les jeunes. La population est invitée à participer ainsi qu’à proposer des idées de projets. Le but avoué de cette adhésion est de regrouper des organismes et des personnes afin de créer une dynamique nouvelle dans la communauté.

Le conseil municipal de Barraute, une municipalité de 2 230 habitants et son maire M. Marcel Massé, Préfet de la MRC d’Abitibi, ont adhéré au Réseau des Villes et Villages en santé au cours du printemps 1997. La répondante de la démarche, Mme Diane Roy, et le conseiller responsable auprès du conseil, M Johnny Coutu, ont été nommés. Des personnes-clés de la municipalité et de la communauté ont aussi été choisies pour mettre en place le comité d’implantation. Des projets d’action auprès et avec les jeunes font consensus. Ce sont l’Animation du comité jeunesse, le mouvement 4H, le comité d’embellissement, etc. Des collaborations se dessinent entre les membres du comité, la municipalité, le CLSC et le milieu scolaire. D’autres besoins seront étudiés au cours des prochains mois.

Duparquet est située à la limite sud de la MRC d’Abitibi-ouest. C’est une petite ville de 692 habitants vivant à proximité d’un grand lac du même nom et est en " santé " depuis juillet 1997. La Corporation de développement et sa présidente assument le leadership de " Duparquet en santé ". Elle nommera sous peu des membres et créera un groupe de travail qui assurera le suivi des résultats d’un sondage sur les orientations à retenir et des projets à mettre en priorité. Déjà, les résultats de ce sondage permettent de cerner des priorités d’actions concernant les jeunes telles que la future Fête des enfants qui se tiendra en juin prochain, des projets qui se précisent pour les adolescents et adolescentes et l’événement médiéval de l’été avec la collaboration des jeunes.

La ville de Macamic et ses habitants, au nombre de 1 867, est la deuxième communauté la plus populeuse de la MRC d’Abitibi-ouest ; elle bénéficie de réalisations déterminantes de la part de sa Corporation de développement. La répondante de Macamic récemment devenue " en santé ", soit depuis novembre dernier, oeuvre au sein de la communauté comme agente de développement. Depuis l’automne dernier, elle s’affaire à mettre en place le comité " Macamic en santé " dans le cadre d’une démarche qui devrait aboutir à la mise en priorité de projets avec la participation étroite des membres de la communauté tant chez les jeunes que chez les aînés.

Le projet de Notre-Dame-de-la-Merci, un village de 600 habitants dans Lanaudière, rassemble autour d’une même table les représentants de différents organismes et institutions tels que le comité d’école, le club optimiste, l’Association de développement économique, les religieuses hospitalières, le CLSC de Matawinie et, bien sûr, la municipalité. L’identification des besoins de la communauté fut la première étape et deux projets sont en cours, la Maison Famille-Jeunesse et la Maison des Arts et de la Culture.

 

Pour une implication des citoyens ordinaires dans le processus d’aide à la décision en santé publique

Par Pierre De Coninck, Chercheur associé, GRIS, Université de Montréal

Lorsque l’on élabore une stratégie globale de santé publique, il est nécessaire d’effectuer des choix sociaux et techniques. Ces choix seront déterminants pour cette stratégie, depuis l’étape de la conception à celle de l’implantation. Ils définissent en quelque sorte un " complexe de référence " à partir duquel toute la justification et toute la légitimation des actions subséquentes s’arrimeront. Il est donc essentiel de rendre clair ce contexte afin de bien comprendre comment celui-ci se situe vis-à-vis de la définition du problème et des solutions envisageables pour régler ce problème. Et pourtant, trop souvent encore, le processus dans lequel la prise de décision s’effectue est considéré comme acquis. Or, celui-ci est aussi important que la décision elle-même.

Un processus d’aide à la décision démocratique ayant pour objectif de maximiser le potentiel d’atteinte d’un consensus social concernant un programme ou un outil de santé publique devra chercher à impliquer au moins les principaux intervenants au processus de décision et de gestion en fonction des objectifs énoncés. Il conviendra donc de regrouper non seulement les décideurs, les experts et les promoteurs mais aussi les citoyens, car ces derniers seront affectés directement ou indirectement par la décision finale. Selon cette perspective, l’acceptabilité sociale repose sur l’acceptabilité d’une définition commune des enjeux et des intérêts en présence, plutôt que sur le choix d’une solution spécifique, définie préalablement par des experts et des décideurs à la suite d’un processus tenu à huis clos et dans lequel les fondements décisionnels sont rarement explicités ; l’approche traditionnelle apparaît ici comme plaçant de facto le citoyen en position de réaction et d’opposition.

Une telle approche appelle moins une intervention aux niveaux de la décision et de la gestion, qu’à ceux plus fondamentaux - plus essentiels - ceux de la considération, du débat et du doute. Là résident les véritables enjeux et le domaine d’intervention de l’action démocratique. En permettant aux citoyens de considérer les enjeux et la problématique qui leur apparaissaient essentiels, en collaboration avec des intervenants des principaux secteurs d’activités (privé, public, communautaire), en leur permettant donc d’intégrer et de définir, au fur et à mesure qu’ils progressent dans la compréhension des valeurs sous-jacentes aux secteurs de la santé, de l’environnement, de la technoscience, de l’économie et de la politique, on leur permet d’exprimer ce qui leur apparaît socialement acceptable. La phase de discussion entre les citoyens ordinaires et les experts constitue en soi une innovation qu’il ne faut pas sous-estimer. Aucune autre approche de consultation (sondage, focus group, Delphi, audiences génériques, etc.) ne permet à des citoyens de lire et d’entendre des opinions d’experts et de les intégrer à leurs propres connaissances, valeurs et conceptions qu’ils se font d’une problématique.

 

C’est pourquoi la formule de la conférence de consensus informé semble correspondre le plus à ce qui est ici évoqué parce qu’elle permet un haut degré de participation et de responsabilisation des citoyens ordinaires dans un processus portant sur une problématique qui les concerne. En effet, la conférence de consensus informé implique une démarche progressive de délibération où alternent réflexion personnelle, échanges en petits groupes, dialogue avec des personnes ressources et le public avant qu’une décision finale soit prise et ce, de façon indépendante.

Misons donc que dans l’éventualité de leur implication dans le processus d’aide à la décision par le biais d’une conférence de consensus informé, les citoyens considéreront la santé publique non seulement comme un domaine pouvant offrir des services mais surtout pouvant générer de la santé et du bien-être en leur permettant de s’impliquer dans l’élaboration des stratégies globales. Une démocratisation du processus décisionnel implique non seulement une consultation mais aussi une participation à la considération de ce qui constitue les enjeux de la problématique. Il convient, par conséquent, de considérer et d’intégrer l’ensemble des acteurs pour définir la problématique, pour mettre en place la solution et pour assurer le suivi de ces décisions. C’est pourquoi, nous croyons que la conférence de consensus informé devrait dorénavant faire partie intégrante de cette nouvelle dynamique.

 

Hull reçoit le Prix de la famille

Cette année, la Ville de Hull (membre du RQVVS depuis 1988) est la lauréate du Prix reconnaissance à une municipalité de plus de 25 000 habitants remis par la Fédération des unions de familles. Depuis 16 ans déjà, la Ville de Hull organise le Bal des neiges afin de permettre à ses citoyens et citoyennes de profiter de l’hiver en famille. Cette fête, qui chaque année accueille près de 125 000 visiteurs, permet aux familles hulloises de réaliser des activités de loisirs à coût réduit, l’accès au site étant gratuit. En outre, l’organisation y a aménagé des espaces pour les parents qui doivent langer ou allaiter les enfants, ce qui facilite beaucoup l’accès aux jeunes familles.

Le jury a été frappé par l’ampleur du projet, par la cohésion sociale et le sentiment d’appartenance à la communauté que favorise cet événement et enfin par les retombés économiques considérables dans le milieu.

 

Écoles/milieux en santé : Une meilleure façon de répondre aux besoins des jeunes.
" Des jeunes dans des collectivités en santé "

par Marthe Deschesnes, DSP de l’Outaouais & Adèle Jomphe Hille, Université du Québec à Hull

Les enfants et les jeunes constituent un groupe auquel des efforts substantiels doivent être consacrés en raison de l’importance cruciale des premières années de la vie et de l’ampleur de certaines difficultés que plusieurs d’entre eux vivent. Aussi, en matière de promotion de la santé et du bien-être, le développement et l’adaptation sociale des enfants constituent une des priorités d’action pour l’atteinte de la Politique nationale de santé et de bien-être. On constate par ailleurs que plusieurs programmes visant à réduire les problèmes chez les jeunes sont souvent cloisonnés, très peu coordonnés et mal intégrés à l’ensemble des activités réservés aux jeunes. De plus, la distance qui s’est créée entre certaines écoles et les familles, entre l’école et la communauté, ne favorise pas les capacités d’apprentissage et le développement optimal des enfants. Il y a donc nécessité, dès l’entrée à l’école, de développer des actions de promotion de la santé qui puissent répondre de façon plus adéquate aux besoins des enfants. Le projet-pilote " Écoles - milieux en santé " actuellement en cours dans la région de l’Outaouais constitue une expérience visant à amener un changement significatif dans la réponse aux besoins de santé des jeunes.

Ce projet a été initié à la demande du groupe de travail régional Enfant-Famille-Jeunesse de l’Outaouais qui regroupe différents partenaires institutionnels et communautaires de l’Outaouais. Ses membres ont eu comme mandat de dégager des orientations communes quant aux activités de promotion/prévention destinées aux jeunes et de créer un réseau de personnes sur chacun des territoires de façon à ce qu’ils assurent le " virage promotion/prévention ". Afin de concrétiser ces orientations, un projet-pilote mettant en oeuvre en cadre global d’interventions pour les 6 à 12 ans a été proposé. Un comité de recherche participative, composé de membres de la Direction de la santé publique de l’Outaouais et de l’UQAH a été formé afin de proposer un modèle d’intervention qui permettrait d’agir simultanément sur plusieurs déterminants de la santé des enfants.

Le projet intègre les efforts orientés vers l’individu pour modifier les comportements de santé et ceux orientés vers les environnements pour améliorer les conditions de vie physique et psychosociales. Le projet est basé sur une approche globale ( Comprehensive health school), intégrée et intersectorielle qui mobilisent de nombreux acteurs-clés pouvant influencer la santé des jeunes et de leur milieu. Dans un contexte de rareté des ressources et d’une préoccupation d’efficience et d’efficacité, l’intérêt accru pour les interventions multisectorielles qui font appel à la fois aux ressources formelles et informelles des communautés doit s’accompagner des mécanismes d’évaluation afin de mieux comprendre et de mieux soutenir ce type de stratégie.

L’évaluation d’implantation de la stratégie d’action intersectorielle en cours actuellement dans trois territoires de CLSC de la région de l’Outaouais comblera une lacune constatée dans la littérature et soulignée par le MSSS concernant le fonctionnement et les retombées à court terme de ce type d’action. De plus, la stratégie de recherche participative jouera également un rôle d’habilitation des partenaires. Si les résultats s’avèrent concluants, la démarche proposée pourra servir de guide pour d’autres territoires de la région et d’ailleurs.

 

Promouvoir la santé en urbanisme

La Direction de la santé publique de Montréal-Centre (Andrée Bergeron et Nathalie Lauvergne) présente dans un rapport intitulé " Promouvoir la santé en urbanisme ", un projet qui vise à développer la prise en compte de la santé dans le domaine de l’urbanisme en s’appuyant sur la charte d’Ottawa. Une recherche a été menée en ce sens et montre, entre autres, que la santé n’est pas prise en compte de façon explicite dans certains documents d’urbanisme et qu’il n’existe pas actuellement de processus spécifiques pour l’y introduire. Dans un second temps, la recherche a permis de relever l’intérêt manifesté par les intervenants potentiels dans ce projet et de mettre en évidence les pistes d’actions pour améliorer la situation présente.

Trois objectifs à atteindre ont été définis pour l’avenir. Le premier vise à combler le manque d’expertise liant l’urbanisme et la santé ; le second à développer l’intérêt du plus grand nombre sur les enjeux santé en urbanisme ; le troisième fait part du besoin réel de développer des pratiques de concertation multidisciplinaire lors de l’élaboration des documents et opérations d’urbanisme. Diverses suggestions sont émises pour atteindre ces objectifs tels que la réalisation d’un guide sur les politiques publiques favorisant la santé, la tenue d’un colloque ou encore l’organisation de session de formation sur la santé et l’urbanisme.

Enfin, ce rapport fait part d’une application pratique. Est prévue, entre autres, la mise en place d’un comité d’experts, capables d’élaborer une documentation liant l’urbanisme et la santé et d’avoir une influence sur les orientations régionales en urbanisme. D’autre part, une action locale est proposée et prévoit en particulier de développer la concertation lors de l’élaboration des plans d’urbanisme au niveau municipal.

 

Vivre en santé à Saint-Jérôme

Lors du colloque «Saint-Jérôme en santé», les participants ont exprimé leurs attentes quant à la sécurité des personnes âgées. C’est connu, nos aînés hésitent à sortir à la nuit tombée par crainte d’être victime d’une agression. Les risques sont parfois réels, parfois non. Il faut donc connaître la réalité pour ensuite pouvoir réagir, selon le cas, en adoptant des comportements qui mettent en confiance.

Le comité Saint-Jérôme , Ville en santé a donc rédigé, suite à une série de rencontres, un document qui permet à tous et chacun de mieux se protéger sans se priver, que ce soit à la maison, dans la rue ou en automobile. Il s’agit de trucs simples et efficaces qui améliorent certainement la qualité de vie tant des personnes âgées que de toute autre personne.

 

LAVAL : une région de coopération en matière de vie communautaire

Par Monique Hascoat, Service de la culture, des loisirs et de la vie communautaire,
Ville de Laval

Pour marquer de façon significative son 25e anniversaire, Ville de Laval a tenu une vaste consultation publique qui l’a menée dans tous les quartiers de la ville et qui lui a donné l’occasion d’entendre plus de 400 groupes représentant des milliers de citoyens et quelque 200 personnes provenant de tous les milieux.

Ce «Sommet de la personne» se voulait une réflexion en profondeur sur les valeurs sociales et humaines que la Ville jugeait essentiel de préserver et de promouvoir à l’aube du XXIe siècle. La parole a été donnée aux citoyens afin qu’ils dégagent des modèles d’intervention qui reflètent véritablement la personnalité lavalloise.

Suite à cette vaste consultation populaire, un plan d’action a été déposé; celui-ci mettait l’accent sur :

  • Les services à la personne, plaçant le citoyen au centre des préoccupations de tous;
  • Le soutien à la vie communautaire, reconnaissant ainsi la contribution des organismes communautaires dans le maintien et l’amélioration de la qualité de vie;
  • La mise en valeur des quartiers, reconnaissant que ceux-ci sont sur le point d’ancrage de la vie communautaire et la base de l’organisation humaine et sociale;
  • Des projets de prose en charge par les citoyens, relevant ainsi l’intérêt et la volonté de ces citoyens à la vie collective lavalloise.

Le suivi de ce plan d’action a été assumé principalement par la direction de la vie communautaire de la Ville de Laval qui a mis en place une structure de concertation qui se voulait expérimentale dans un premier temps. Durant cette phase d’implantation, toutes les politiques municipales concernant la vie communautaire ont reçu l’aval de cette structure multisectorielle : politiques de soutien à la vie communautaire, d’attribution de locaux, de soutien à la promotion des activités des organismes communautaires, etc. Un colloque sur les priorités d’action de vie communautaire s’est également tenu.

Aujourd’hui, après une expérimentation de 2 ans et grâce à la collaboration de partenaires de milieux institutionnels, communautaires, privés et de citoyens, la Région de Laval dispose d’une structure de coopération régionale et d’une structure de coopération locale, soutenues par Ville de Laval mais appartenant à tous les partenaires.

Quoique la Région de Laval préconise le développement social à l’échelle locale (quartiers) également et qu’à cet égard, des tables de coopération locale soient requises, il est apparu important de se doter d’espace de réflexion sur les différentes étapes de la vie ; c’est ainsi que des tables de coopération régionale par groupe d’âge ont été créées.

Ces deux types de structures sont chapeautés par le Conseil de la vie communautaire : 28 membres y siègent provenant de tous les milieux concernés par la vie communautaire : santé et services sociaux, scolaire, sports et loisirs, action et entraide sociale, commerce, transport, culture, immigration, le Conseil de développement régional de Laval et la Ville de Laval.

À tous les niveaux de la structure, des représentants des milieux institutionnels, communautaires et des citoyens y siègent ; conséquemment, les mécanismes mis en place sont tous intersectoriels ; de plus, les tables de coopération locale, axées sur le milieu de vie, sont «intergénérationnelles».

En bref, la Région de Laval dispose d’une structure lui permettant de viser un développement social harmonieux, à l’échelle locale. Bien sûr, il ne s’agit que d’un outil, d’un outil nécessaire mais non suffisant à lui seul pour atteindre l’objectif visé. La suite appartient à l’ensemble des partenaires de la Région qui sauront, comme par le passé, faire preuve de solidarité.

Conseil de la vie communautaire

Tables permanentes de coopération régionale Tables permanentes de coopération locale
Unité communautaire Unité communautaire
Enfance Adolescence Unité communautaire Unité communautaire
Jeunes adultes Adultes Unité communautaire Unité communautaire
Aînés Besoins et ressources de support Unité communautaire Unité communautaire

 

La santé politique : petit manuel d’analyse et d’intervention politique dans le domaine de la santé.

Sous la direction : de Michel O’Neill, Pierre Gosselin, Michel Boyer

Ce manuel vise à outiller les personnes intéressées par l’aspect politique de toute intervention ayant un rapport avec la santé (préventive, curative ou de réadaptation) et par les moyens d’interventions qui en découlent. Il vise particulièrement les professionnel(le)s des services sociaux et de santé (particulièrement en santé publique mais aussi dans d’autres secteurs des services publics), les étudiant(e)s dans ce domaine, de même que les gens oeuvrant dans des groupes communautaires ou bénévoles.

Après avoir introduit la notion d’aspect politique, avec laquelle les intervenant-es du domaine de la santé sont souvent très inconfortables, l’ouvrage propose une méthode pratique d’analyse et d’intervention en trois phases et 14 étapes, suivie d’une série d’exemples concrets où elle a été utilisée. Cette méthode peut être employée de différentes manières, en tout ou en partie, rétrospectivement ou prospectivement, seule ou en conjonction avec d’autres approches de planification et d’intervention.

CONTENU DE L’OUVRAGE

INTRODUCTION : La santé politique, pour qui, pourquoi, comment ?

PREMIÈRE PARTIE : Intervenir politiquement, pourquoi, comment ?

Chapitre 1 : La santé politique, éléments de problématique

Chapitre 2 : Naissance, développement et expérimentation d’une méthode d’analyse et d’intervention politique en santé

DEUXIÈME PARTIE : Quelques exemples d’analyse et/ou d’intervention politique en santé

Chapitre 4 : Quelques exemples d’utilisation par des organismes communautaires de l’approche du lobbying

Chapitre 5 : Le démarrage d’un projet de Villes et villages en santé dans une municipalité rurale

Chapitre 6 : La sélection d’une modalité d’organisation de l’expertise en promotion de la santé dans une région du Québec

Chapitre 7 : Mise en oeuvre du programme Kino-Québec dans une Régie régionale da la santé et des services sociaux

Chapitre 8 : Une analyse des principaux acquis infirmiers de la réforme Côté.

Il est disponible au Centre d’information au coût de 17,00$

 


Le Bulletin est le journal trimestriel du Réseau québécois de Villes et Villages en santé.
Dépôt légal, 4e trimestre 1992
Bibliothèque nationale du Canada
Bibliothèque nationale du Québec
ISSN 1192-3016

Les membres du Centre d’information du Réseau québécois de Villes et Villages en santé sont :

Lise Cardinal, Annie Desgagné, Agnès Dupriez, Réal Lacombe, Julie Lévesque et Louis Poirier.

2400, avenue d’Estimauville
Beauport, Québec
G1E 7G9
Téléphone : (418) 666-7000 poste 461
Télécopieur : (418) 666-2776
Courrier électronique :
vvs@fsi.ulaval.ca

Le conseil d’administration du Réseau québécois de Villes et Villages en santé est composé de :

M. Marc Gascon, maire de St-Jérôme, Président
M. Jacques Coulombe, maire de Montebello, Vice-Président
M. Roger Labbé, conseiller municipal à la Ville d’Ascot, Secrétaire-Trésorier
|M. Richard Desrochers
, Directeur général du CLSC Suzor-Côté
M. André Dontigny, Directeur de la Santé publique de la Mauricie/Bois-Francs
Mme. Agathe Lalande, coordonatrice de Hull, Ville en santé
M. Victor Lapalme, chef de section en développement social de la Ville de Montréal
M. Denis Lapointe, maire de Sallaberry-de-Valleyfield
Mme. Ginette Côté-Fortin, présidente de la commission scolaire Manicouagan