du Réseau québécois de Villes et Villages en santé

    Vol. 7 No 1 - Printemps 1998



Nouvelles du centre d’information

La terre tourne de plus en plus vite! Ou bien est-ce une impression? En tout cas l'information circule à un rythme tel qu'il est difficile à suivre. Plusieurs d'entre vous ont reçu mensuellement le nouvel organe de communication du RQVVS, appelé, avec l'originalité qui nous caractérise, le VVS Express. Trois numéros ont donc déjà vu le jour. Pour ceux que nous n'avons pas rejoint le 1er de chaque mois, vous trouverez ci-joint les VVS express #1,2,3. Pour ceux qui voudraient le recevoir régulièrement par courrier électronique ou encore par télécopieur, faites-le nous savoir, nous vous inscrirons sur nos listes d'envoi.

Après les nombreux démarrages ratés de notre site internet dont la construction s'est révélée un véritable calvaire, le voici enfin, dans sa forme voulue, avec les possibilités de recherche requises. Il est donc accessible au www.cspq.qc.ca/vvs/ En outre, la boîte à outils, qui recense et décrit de nombreux documents et autres qui peuvent vous être utiles, sera prête cet automne.

Par ailleurs, le colloque s'annonce un événement inoubliable et remarquable, en un mot, un must! Inscrivez-vous!

Enfin, ce numéro contient une foison de nouvelles, grandes et petites, toutes plus intéressantes les unes que les autres, mais surtout, surtout, elles montrent bien le potentiel formidable de nos communautés. Ce qui en fait un média tout à fait original...

Bonne lecture!
Agnès Dupriez-Coutlée

 

Les VVS à l’honneur

Le RQVVS a reçu le prix Ron Draper en promotion de la santé lors de la 89e Conférence annuelle de l’Association canadienne de santé publique tenue à Montréal du 7 au 10 juin. Ce prix vient récompenser la contribution du Réseau à la promotion de la santé dans le cadre du travail communautaire pour mettre en oeuvre des politiques de santé publique, créer des environnements favorisant la santé, faciliter l’action communautaire et réorienter les services des santé vers la promotion de la santé. Le Président et Maire de St-Jérôme, M. Marc Gascon, l'a reçu des mains du ministre des Relations avec les citoyens, M. Boisclair, à cette occasion.

Il faut aussi souligner que notre coordonateur, le fondateur du Réseau, le Dr Réal Lacombe, a reçu le Prix Janssen-Ortho qui est décerné à une personne qui a fait progresser de façon significative la cause de la santé publique, l'a rendue légitime et en a fait ressortir la responsabilité et le niveau d'avancement.

 

Ascot Ville en santé : un lieu d’implication et de réalisation

par Carole Gendreau, organisatrice communautaire au CLSC Gaston-Lessard

Depuis l’automne 1994, le Comité Ascot Ville en santé se réunit sur une base mensuelle afin de travailler ensemble à l’amélioration de la qualité de vie des résidents de notre communauté. En toute légitimité, vous vous demandez qui compose ce comité ? Il s’agit principalement de partenaires de plusieurs secteurs d’activités tel que : la Municipalité, la paroisse Précieux-Sang, le CLSC Gaston-Lessard, les écoles Jean XXIII et Du Phare, Famille-Espoir, le Projet Global de l’école Jean XXIII, la Maison des Jeunes, etc. Au total, plus d’une douzaine de partenaires auquel se joignent également des résidents du quartier entre autres des personnes de l’ex-Yougoslavie.

Activités réalisées

Cette concertation de partenaires a permis la réalisation de plusieurs projets au cours des dernières années. Projets qui visent principalement à supporter les familles vivant des difficultés économiques dans le secteur multifamilial. Concrètement, nos actions ont pris plusieurs formes.

  • Fêtes de quartier au Parc Bergamin : Édition ’95, ’96 et ’97 : fanfare, kiosques, tirages, souper, etc.
  • Programme d’activités de neige pour les 3-6 ans : Édition ’97 et ’98
  • Implantation du service de repas de La Grand Table à la salle communautaire.
  • Soutien à l’activité Bain Libre à la piscine de l’école Du Phare
  • Production et distribution du Bottin des ressources communautaire à Ascot.

Projets à venir

Pour l’année ’98, les activités seront nombreuses et diversifiées car non seulement nous désirons poursuivre nos actions pour soutenir les familles à faibles revenus mais aussi travailler à faciliter l’intégration des communautés culturelles à Ascot ! Voici quelques-uns des projets en cours :

  • la fête de quartier avec ses nombreuses activités sera intégrée à la Fête Familiale du Parc Belvédère
  • mise à jour du bottin des ressources
  • support à la tenue d’activités de ressources sherbrookoises à Ascot ; ex. P.S.Emploi
  • inclusion d’activités multiculturelles dans les activités ; reflet de la présence de communautés culturelles dans notre communauté !
  • organisation de repas communautaires interculturels ; échanges culturels et de partage entre familles organismes, soirées d’échanges culturels mettant en vedette un pays, dîners-rencontres avec les responsables des organismes où une personne immigrante raconte son vécu, etc.

Et bien d’autres projets ! ! !

Le comité veut se faire l’écho des préoccupations des citoyens pour tout ce qui touche à Ascot. Si bien que son président, M. Roger Labbé, conseiller municipal, est toujours disponible pour que tous et chacun puisse lui faire part de ses préoccupations, de ses suggestions ou encore de son désir de donner un coup de main !

 

Des hommes marchent pour dénoncer la violence faite aux femmes

par Yves Meunier, Baie-Comeau en santé

Une cinquantaine d’hommes de différents milieux ont participé, au cours de l’automne 1997, à une marche dans les rues de Baie-Comeau afin de sensibiliser la population au phénomène de la violence faite aux femmes, de dénoncer cette violence et de signifier qu’elle est inacceptable.

Pour la Ville de Baie-Comeau et le CLSC de l’Aquilon, organisateurs de l’événement, il y avait lieu de poser un geste concret pouvant favoriser la recherche de solutions dans le milieu. Présentée dans le cadre d’une série d’initiatives publiques ayant nécessité la collaboration de plusieurs organismes publiques et privée, la marche a retenu l’attention des médias et a permis de susciter des échanges au sein de différents milieux.

Un geste concret

La marche des hommes s’est déroulée à l’heure du midi dans le secteur« institutionnel » de la municipalité. Après une randonnée pédestre d’une quinzaine de minutes, une banderole permanente a été dévoilée dans un petit parc, la Place des Fondateurs, où des dirigeants de la communauté ont dénoncé publiquement la violence faite aux femmes.

La campagne de sensibilisation à la violence était inscrite dans le cadre du Plan d’action 1997-1998 du programme« Ville en santé » de la Ville de Baie-Comeau et des orientations du CLSC de l’Aquilon. La mise en commun des énergies et des ressources a permis de mettre de l’avant d’autres initiatives liées à la violence, en particulier auprès de deux clientèles précises : les hommes et les jeunes.

D’autres initiatives novatrices

Afin de maximiser l’impact des initiatives mises de l’avant, les activités ont été concentrées sur une douzaine de jours : campagne de signature « le nom de hommes » avec publication des signatures dans le journal local, la journée du ruban blanc dans les entreprises, conférence sur la violence dans les sports, publication et distribution d’une affiche« Violence... non merci ! » en association avec l’équipe de hockey junior le Drakkar de Baie-Comeau et la Maison des jeunes.

Dans cette lignée, d’autres initiatives verront le jour au cours des prochains mois afin d’assurer une continuité et de maintenir l’intérêt des groupes participants. Outre la Ville et le CLSC, la Chambre de commerce et le Conseil régional des loisirs, diverses entreprises telles la Société canadienne de métaux Reynolds et Hydro-Québec ont apporté leur contribution au dossier en 1997.

 

À quinze ans, s’ouvrir sur le monde : un projet Sillery-France-Sénégal

Par Renaud Blais

Dans le cadre de son 15e anniversaire de fondation, la Maison des jeunes de Sillery (MDJ) appuie des jeunes de chez nous dans leur projet de s’ouvrir sur le monde dans le cadre d'une intervention humanitaire en coopération internationale. De concert l’Association culturelle humanitaire internationale laïque (ACHIL) de Longjumeau, France et GIE Diokoul assainissement compostage (DAC) de Rufisque, Sénégal, la MDJ réalise sa mission en permettant aux jeunes de vivre des expériences, de faire des apprentissages, de développer des habilités, d’acquérir de la maturité et le sens du discernement, pour faciliter leur intégration à la communauté afin qu’ils assument au mieux, leur rôle démocratique de citoyens actifs et responsables.

Les jeunes québécois, finissants en« intervention en délinquance » au Cégep Garneau, accompagneront un groupe de jeunes Français décrocheurs et marginalisés dans leur projet de réinsertion sociale. Ensemble, avec ACHIL et GIE DAC, nos jeunes participeront à la réfection du complexe scolaire Cher et du poste de santé en vue d’améliorer l’hygiène et l’éducation dans la vie quotidienne des gens de Rufisque, une banlieue de Dakar.

Le partage des responsabilités

ACHIL assument le financement, la logistique et la supervision du projet humanitaire de construction, tandis que le GIE DAC, organisme communautaire bien intégré à la vie de Rufisque agira comme organisme hôte.

La Maison des jeunes de Sillery autorise un de ses administrateurs, expérimenté en intervention communautaire en contexte multiethnique, à agir comme directeur de projet pour l’encadrement des jeunes québécois, afin de les aider dans leurs préparatifs et de les accompagner en Afrique. De plus, la MDJ donne accès à certaines de ses ressources (locaux, téléphone, secrétariat, réseaux de contacts, service administratif) dont elle dispose.

Les jeunes ont la responsabilité d’organiser des activités pour récolter 50% du coût de leur transport et de vaccination, tandis que le directeur du projet réalise une campagne de financement auprès de la communauté silleroise et autres pour recueillir l’autre 50% de la seule dépense que le groupe québécois se doit d’assumer (voir prévisions budgétaires) dans ce projet.

 

Les nouveaux arrivants

Encore une fois,les nouveaux membres du Réseau nous viennent essentiellement de l'Estrie et de l'Abitibi-Témiscamingue! En effet, Bromptonville et Dudswel sont toutes deux situées en Estrie, alors que Notre-Dame-du-Nord, Palmarolle et ValSenneville sont en Abitibi-Témiscamingue. Soulignons aussi l'adhésion de Lafontaine située, quant à elle dans les Laurentides. Plus de détails sur leurs projets dans le prochain numéro... car au moment de passer sous presse, il nous manque encore des informations.

 

VVS et le Forum sur le développement social

L'ensemble de la démarche du Forum sur le développement social a permis, dans la plupart des régions du Québec, une conscientisation et une mobilisation des communautés autour de leur développement. Il apparaît clairement que ce mouvement est à même de créer des conditions favorables à l'émergence et au soutien de projets locaux et régionaux de concertation intersectorielle, qu'ils s'appellent ou non Villes et Villages en santé.

D'ailleurs, le Président de notre Réseau, lors de la soirée d'ouverture, a pris position sans équivoque en faveur du développement social en livrant la Déclaration des maires du RQVVS:

« Lors de leur adhésion au Réseau québécois de Villes et Villages en santé, les 119 municipalités membres, qui comptent plus de 2, 5 millions de citoyens et citoyennes à travers toutes les régions du Québec, se sont engagées à améliorer la qualité de vie de leurs concitoyennes et concitoyens avec leur participation et en concertation avec les principaux acteurs du milieu.

À l’occasion du Forum national sur le développement social, les maires de notre réseau ont tenu à renouveler cet engagement en signant cette déclaration :

Nous, maires de Villes et de Villages du Québec, nous confirmons notre engagement dans la promotion de la santé, du bien-être et de la qualité de vie de nos concitoyens. Nous désirons renouveler le pacte qui nous lie à ceux-ci en favorisant leur participation au développement de nos communautés, leur permettant ainsi d’exercer pleinement leur citoyenneté.

Pour ce faire, nous entendons développer nos liens et consolider la collaboration avec les acteurs locaux. Ainsi nous pourrons mieux connaître notre population, mieux évaluer ses besoins, utiliser pleinement les ressources existantes et donc agir plus efficacement. Nous nous engageons à ce que le lieu de concertation ainsi créé permette un réel échange d’idées et d’information ainsi qu’une prise de décision efficace.

Nous nous engageons, en collaboration avec nos partenaires, à prendre des mesures en faveur du développement local et social entre autres:

  • en valorisant l’apport et en respectant le rôle de chacun, entreprises, institutions, organismes et citoyens, dans ce processus,
  • en faisant preuve d’imagination et d’ouverture d’esprit dans le développement de nouvelles stratégies d’intervention auprès des plus démunis,
  • et, enfin, en ouvrant les lieux de décisions aux jeunes, encourageant ainsi la relève, ainsi qu’en encourageant les relations intergénérationnelles ».

Aux fins du suivi à donner à l'ensemble de la démarche des Forums locaux, régionaux et national, le Directeur de la Santé publique de Chaudière-Appalaches, M. François Desbiens, a présenté un plan d'action plus qu'intéressant.

« Pour faire suite au Forum sur le développement social et la lutte la pauvreté tenu dans la région Chaudière-Appalaches et en lien avec la Déclaration régionale qui en découle, qui regroupe six thématiques, la Régie régionale a élaboré un plan d’action. Ce plan propose entre autres, un projet structurant intitulé Chaudière-Appalaches en santé.

Ce projet qui s’inspire du concept Villes et villages en santé, repose sur le processus mobilisateur et original de réunir, sous le leadership du conseil municipal, les forces vives d’une communauté, de les amener à prioriser leurs besoins et à réaliser des interventions concrètes et pertinentes pour le développement social et la lutte à la pauvreté.

Pour ce faire, avec le support de leur CLSC et de la Direction de la santé publique, la municipalité sera invitée à former un comité intersectoriel composé de représentants de différents secteurs d’activités, comme par exemple, l’éducation, les organismes communautaires ou de citoyens intéressés. Il se pourrait également qu’un comité déjà existant puisse remplir cette condition, comme le comité de la famille. Le projet ne crée pas de dédoublement par rapport aux structures municipales déjà existantes, mais cherche au contraire à agir en complémentarité avec ces structures.

Ces comités intersectoriels municipaux issus de Chaudière-Appalaches en santé, s’approprieront, comme cadre de référence, les éléments qui se dégagent des six thèmes de la Déclaration régionale. Ces comités se donneront comme objectif de concevoir et réaliser dans leur milieu au moins un projet concret pour favoriser le développement social et lutter contre la pauvreté. L’objectif que nous voulons atteindre est le suivant :

D’ici trois ans, 50 municipalités de Chaudière-Appalaches se seront dotées d’un comité intersectoriel qui réalisera au moins un projet concret.

Ces projets émergents se réaliseront dans le respect des différents besoins de leur communauté et de leur capacité de prise en charge et de développement.

Afin de soutenir la mise en oeuvre d’un tel projet, nous avons obtenu la collaboration futur de plusieurs partenaires de la région de Chaudière-Appalaches: le directeur général du CRCD, les directeurs généraux des CLSC, le président de la Conférence des préfets des MRC et le président du comité sur la pauvreté de Centraide-Québec. Nous prévoyons également concerter d’autres partenaires qui pourraient s’investir dans notre projet soit, les CLD par l’intermédiaire du CRCD, Solidarité rurale, les organismes communautaires.

Les intervenants des CLSC et la RRSSS et sa Direction de la santé publique, de la planification et de l’évaluation de Chaudière-Appalaches auront un rôle clé dans le soutien aux municipalités qui voudront s’investir dans l’émergence d’un projet Chaudière-Appalaches en santé.

Les CLSC fourniront un intervenant pour animer les comités municipaux et les amener à identifier des priorités locales liés au développement social et la lutte à la pauvreté.

La RRSSS fournira de l’expertise en connaissance, planification, recherche et évaluation ainsi qu’en promotion de la santé pour supporter les projets locaux issus de Chaudière-Appalaches en santé et reliés aux pistes d’action d’écoulant du Forum et de sa Déclaration régionale. »

À la questionde l'animatrice, Mme Payette, « Quels sont les avantages a utilisé la stratégie Villes et villages en santé pour favoriser le développement social et la lutte à la pauvreté ? » M. Desbiens a répondu : « À mon avis, je suis persuadé que les meilleurs exemples pour lutter contre la pauvreté se situe au niveau du développement du milieu de vie où les personnes et leur communauté ont le pouvoir d’améliorer leur santé. Ce sont dans les villes, les quartiers et les villages que se développent une multitude d’initiatives de nature à améliorer les conditions de vie. Ainsi, les besoins émergent du milieu et les meilleurs acteurs pour y répondre sont ceux qui vivent le problème ou qui sont proches du problème.

Un bel exemple, de cette approche a été illustrée dans la crise du verglas où les élus municipaux ont pris le leadership dans le but de mobiliser les citoyens pour faire face à la crise ».


Enfin, M. Jacques Coulombe, Maire de Montebello et Vice-Président du RQVVS est lui aussi intervenu avec des propositions concrètes sur les suites à donner au Forum:

« Au cours des dernières années, le gouvernement du Québec a mis en place un certain nombre de réformes qui modifient le cadre d’action des principaux agents de développement dans l’ensemble des localités québécoises. Le Gouvernement a aussi établi des orientations, tant en matière de développement local que dans le domaine de la santé.

Toutes ces mesures devraient conduire à la création d’un contexte très favorable au développement social et, comme le montre bien le succès de la démarche du présent Forum, les communautés sont prêtes à s’y engager pleinement.

Pourtant, la route devant mener à un développement harmonieux de nos collectivités locales apparaît encore semée d'embûches. La concertation, le partenariat et l’engagement auprès des communautés étant à la mode, on interpelle de tous côtés les principaux acteurs locaux, toujours les mêmes, pour qu’ils se mobilisent sur une kyrielle de problèmes différents mais souvent inter-reliés.

En même temps, les coupures budgétaires font en sorte que tous et chacun ont tendance à se replier sur leurs mandats spécifiques car ils n’ont plus les ressources nécessaires pour satisfaire à l’ensemble de leur mission.

C'est malheureusement le cas des CLSC qui, mobilisés par des responsabilités de plus en plus nombreuses, ont réduit de façon non négligeable l'effort global consenti aux fonctions de prévention et de promotion de la santé. Ces établissements peuvent pourtant jouer un rôle majeur dans l'animation du développement des communautés locales et plusieurs exemples existent déjà pour en témoigner. Nous sommes d'ailleurs convaincus que le secteur de la Santé et des Services sociaux serait le premier gagnant à encourager le développement de telles initiatives.

Le Réseau québécois de Villes et Villages en santé, qui regroupe maintenant plus de 120 municipalités, représentant plus de 2 millions de citoyens et citoyennes, croit plus que jamais que la stratégie Ville en santé, lancée par l'Organisation mondiale de la santé en 1986, représente un outil unique pour favoriser un développement harmonieux de nos communautés locales. Elle a de plus le mérite de clarifier le rôle que peut jouer le secteur de la santé, et particulièrement les CLSC et les directions de santé publique, dans un tel processus.

Se situant en convergence avec les autres stratégies de développement, et notamment celles identifiées dans la politique gouvernementale sur le soutien au développement local et régional, la stratégie Ville en santé peut en même temps être un complément précieux au travail des Centres locaux de développement et à celui des agents de développement rural.

En suivi à la démarche du Forum sur le développement social, le Réseau québécois de Villes et Villages en santé entend donc soutenir activement l'action des CLSC et des directions de santé publique en faveur du développement des communautés québécoises. Il est également prêt à faire de même avec les autres partenaires des municipalités et notamment le monde scolaire.

Les initiatives de nos municipalités membres en faveur du développement social sont nombreuses et s'inscrivent dans des processus qui sont structurants pour les communautés concernées. Le fait de fonctionner en réseau facilite par ailleurs le partage de l'information et le développement de nouvelles idées.

Notre Réseau entend évidemment poursuivre son travail de soutien aux initiatives de ses municipalités membres en matière de développement social. Il entend finalement être un promoteur infatigable de ce type de stratégie auprès des autres municipalités québécoises et auprès des différents ministères et organismes dont l'action peut être favorable au bon développement de nos communautés ».

 

À Saint-Jérôme, un partenariat qui porte fruit

par Irène Le Bot, fondation Philippe-Pinel

Face aux différents problèmes socio-économiques tels que la pauvreté, la violence, les conditions de santé de la population, de plus en plus d’initiatives qui impliquent des partenaires issus de différents milieux, institutions ou organismes, se mettent en place pour trouver des réponses à l’échelle de leur quartier ou de leur ville. Ces initiatives visent à favoriser la prise en charge par le milieu de certains problèmes grâce à la solidarité et la concertation. Nous avons interrogé madame Louise Bouchard, coordonnatrice du projet Saint-Jean-Baptiste : Une école et son quartier en santé, pour nous parler d’une initiative de prise en charge par le milieu dans Saint-Jérôme.

D’où est née l’initiative Saint-Jean-Baptiste : Une école et son quartier en santé ?

Le projet est issu du Forum Saint-Jérôme en santé qui s’est tenu au début de l’année 1996. Suite à ce Forum qui mettait l’accent sur différents problèmes notamment celui du décrochage scolaire, la Commission scolaire, le CLSC Arthur Buies, les Centres jeunesse des Laurentides et les centres de Travail-Québec ont décidé de travailler à la prévention du décrochage scolaire. Ce projet vise l’action concertée et complémentaire de tous les partenaires auprès d’une population d’enfants d’âge scolaire, de leurs parents et de la communauté immédiate. Pour ce projet, les intervenants ont retenu le quartier et l’école Saint-Jean-Baptiste situés dans le centre-ville de Saint-Jérôme. On vise à favoriser la réussite scolaire, à valoriser, renforcer et supporter les parents des enfants du quartier afin qu’ils puissent assumer adéquatement leur responsabilité dans le développement de leur enfant, à valoriser et dynamiser le quartier Saint-Jean-Baptiste et l’aider à se prendre en main.

Quelles sont les actions qui ont été mises de l’avant ?

Des actions spécifiques ont été menées auprès des jeunes, des parents, du quartier et de l’école. Les enfants ont pu bénéficier d’un encadrement pour les leçons et les devoirs offert gratuitement après l’école, des activités sur l’estime de soi. Un projet Boîte à lunch a permis la récupération et la redistribution des denrées aux élèves dans le besoin. Les parents, quant à eux ont pu assister à des conférences sur l’estime parentale, sur la place du père et ont reçu des informations sur les organismes d’entraide. Par ailleurs, des activités ont été organisées dans le quartier afin de connaître les besoins et faire connaître le quartier aux différents intervenants. À l’intention des enseignants des rencontres d’échange ainsi que des cours de relaxation ont été mis sur pied.

Comment s’est effectué le partenariat entre les différents organismes ?

Il a été relativement facile, parce que les personnes impliquées dans les différents milieux voulaient travailler ensemble sur le projet. Ils étaient sensibilisés et prêts à passer à l’action. La mise en commun des ressources a permis aux intervenants de travailler en complémentarité afin de ne pas dédoubler les services existants dans la région. Le projet est maintenant reconnu et nous recevrons des stagiaires qui étudient en travail social au Cégep qui viennent travailler à l’école Saint-Jean-Baptiste avec la travailleuse sociale du Centre-jeunesse.

Quelles sont les perspectives de développement pour l’avenir ?

Le projet est bien ancré pour se développer dans les prochaines années. Cependant, pour que le projet puisse se poursuivre cela implique que les citoyens, les gens du milieu s’investissent plus largement dans le projet en raison du manque de ressources. Le défi majeur actuellement est de rejoindre le plus de monde possible afin de les sensibiliser à participer au mieux-être général. Nous travaillons actuellement sur le journal de quartier« Le Quartier Rolland » afin de diffuser de l’information et recruter des bénévoles. Pour info : Louise Bouchard (514) 438-0609.

 

Pêle-Mêle

Partenaires en environnement

Vous avez toujours voulu savoir ce qu'est une entreprise d'économie sociale et quel type de formation est disponible dans ce domaine. Ne cherchez plus, le Chantier de l'économie sociale vous offre des session de formation à la carte. Le menu est varié et adapté aux besoins et engage de nombreux partenaires. Contactez le par téléphone sans frais au 1.888.251.32.55

Victoriaville lance son plan d’action

Le Comité Victoriaville en santé a lancé le 17 mai dernier en conférence de presse son plan d'action en matière d'éradication d'herbe à poux, cause d'allergies pour 12% de la population. À cette occasion, les membres du comité ont présenté leur nouvelle coordonnatrice, Julie Cossette. Plusieurs autres projets sont dans l'air, fantaisie guidée, distribution de boîte à lunch pour les jeunes élèves et appui aux Jardins communautaires.

 Natashquan : le respect des différences

À Natashquan, les communautés blanches et autochtones vivent à quelques kilomètres l'une de l'autre et malgré cette proximité, peu de liens se sont créés. La Maison des jeunes « L'Entre-Deux-Tournants » a obtenu une subvention de l'Association canadienne des loisirs et des parcs pour développer des activités visant à sensibiliser les jeunes aux différences culturelles et d'âges. Des activités sportives, culturelles et de loisirs ont été planifiées afin de favoriser les échanges entre jeunes blancs et autochtones et de leur faire prendre conscience de leur talents afin de rapprocher les deux communautés.

Par ailleurs, les jeunes devant quitter très tôt les villages pour poursuivre leurs études secondaires et post-secondaires, les relations intergénérations sont rares et la transmission du savoir-faire est difficile. Un jumelage aînés/jeunes vise à initier les jeunes aux valeurs traditionnelles ainsi qu'à les amener à découvrir l'intérêt de l'expérience de leurs aînés. Un respect mutuel devrait se développer au cours des activités prévues.

 L’Abitibi-Témiscamingue : toujours à l’avant-garde

La RRSSS de l’Abitibi-Témiscamingue, le Conseil régional de développement (CRDAT) et le ministre des Affaires municipales, M.Trudel, ont annonçé, le 11 mai , un partenariat afin d’assurer la poursuite de l’implantation de municipalités en santé en Abitibi-Témiscamingue.

« Il s’agit d’un partenariat pour assurer la complémentarité des actions et l’intégration des préoccupations des trois partenaires concernant le développement social, local et de la santé afin d’améliorer la qualité de vie des petites collectivités » a souligné le président de la RRSSS, M. Gilbert Barrette. La transformation du réseau de la santé et des services sociaux change les façons d’intervenir dans le milieu et l’implication des différents acteurs et actrices devient nécessaire. « Il est important de miser sur le dynamisme local et de soutenir les initiatives du milieu municipal en faveur du bien-être de la population » a-t-il ajouté.

Pour le CRDAT, VVS est un outil d’animation et de développement local qui a fait ses preuves en Abitibi-Témiscamingue.« Notre partenariat s’inscrit dans le suivi du Forum sur le développement social. Nous devons mettre à la disposition de tous, les outils qui permettent un développement harmonieux des communautés. Le développement économique et social vont de pair; le concept de Villes et Villages en santé véhicule cette philosophie, cette façon de faire, » expliquait le président du CRDAT, M. André Brunet.

Pour M. Trudel, c’est une façon de faciliter l’intégration des services et de rassembler les gens afin de travailler ensemble pour développer notre milieu de vie.

 Vandalisme : la journée-Forum de Port-Cartier a porté fruit

En mai 1997, la Journée-forum sur le vandalisme organisée par« Port-Cartier, notre ville en santé » réunissait plus de 60 personnes, dont les représentants d’une trentaine d’organismes de Port-Cartier. Les principaux objectifs de cette activité étaient de cerner la problématique du vandalisme et de tenter d’y trouver des solutions applicables dans le milieu. Un an après, on peut certainement conclure que l’événement a porté fruit !

Durant l’été 1997, un sous-comité sur le vandalisme a vu le jour. Ses membres ont d’abord réalisé un sondage auprès des jeunes Port-Cartois, pour connaître leurs attentes. Les résultats de cette consultation ont été divulgués dans les écoles et les médias. On a pu notamment se rendre compte que les activités de patins à roues alignées et de planches à roulettes intéressaient un grand nombre de jeunes. Et justement, un groupe songe à créer un parc de rouli-roulant dans la localité.

D’autres projets sont dans l’air, dont l’un touchant la surveillance de quartier. Par ailleurs, le conseil d’administration de « Port-Cartier, notre ville en santé » a proposé à Ariane Boudreau, Marie-Claude Lefebvre, Julie Létourneau et Marie-Ève Vaillancourt et à leur tutrice Maryse Boudreault, de les aider à structurer un plan de développement pour le jeu« Halte aux vandales », créé par ces quatre étudiantes, à la suite de la Journée-forum sur le vandalisme.

Dans le cadre du programme « Brisons le vandalisme », « Port-Cartier, notre ville en santé » a obtenu une subvention de la part du ministère de la Sécurité publique et du Bureau d’assurance du Canada, afin de réaliser son projet« NON au vandalisme et OUI à l’embellissement ». Celui-ci comporte une campagne de sensibilisation auprès de toute la population, un concours d’embellissement s’adressant aux élèves du primaire et des activités dans les écoles. Comme on peut le constater, la Journée-forum sur le vandalisme a fait émerger plusieurs initiatives heureuses dans la ville.

« CITOYENS EN SANTÉ » et autres activités.

Lors de la soirée « Reconnaissance » organisée par les autorités municipales le 17 avril dernier, « Port-Cartier, notre ville en santé » a dévoilé le nom du« Citoyen en santé ». Cette année, c’est M. Réal Martin qui a reçu cet honneur bien mérité !

Qu’y a-t-il à notre horaire prochainement ? Eh bien, en juin, jeunes et adultes seront tous invités à prendre part non seulement au traditionnel « Nettoyage de la plage Rochelois », mais également à la « Fin de semaine du râteau ». Durant le week-end des 5, 6 et 7 juin, on sortira les râteaux pour nettoyer les terrains privés. En mettant sur pied ces activités et quelques autres, comme le déchiquetage des arbres de Noël en janvier,« Port-Cartier, notre ville en santé » souhaite inciter les citoyens à participer à l’amélioration de la qualité de vie du milieu.

Saint-Pascal, une ville et une paroisse en santé qui a de plus en plus d’influence sur la qualité de vie de toute la MRC du Kamouraska

Politique familiale, promotion de la qualité de l’environnement (jardin et pré-fleuri intergénérationnels, désherbage de l’herbe à poux), place des jeunes (commission-jeunesse, développement des loisirs dans les municipalités de moins de 1 000 habitants), appauvrissement (groupe de réflexion, cuisines collectives, concertation itinérance) ; voilà quelques exemples de ce qui, jusqu’à tout récemment, s’avéraient être des initiatives locales qui ont pris la clé des champs à travers les municipalités voisines.

La plupart des municipalités de Kamouraska se sont donné un comité de développement local. Qu’il soit associé à Solidarité rurale ou à Réseau québécois de Villes et Villages en santé, on voit là des lieux propices à des échanges, des concertations, qui reflètent bien l’engagement de toute une MRC à se solidariser autour de projets créateurs de qualité de vie.

Qui dit qualité de vie dit capacité de gagner sa vie, cela passe par l’emploi, mais ces comités dépassent largement, et cela, bien sur d’autres préoccupations : La place des jeunes, la qualité de l’environnement, l’appartenance au milieu, le patrimoine culturel et social.

1999 : L’Année internationale des personnes âgées

Le Bureau québécois de l’Année internationale des personnes âgées, fondé par le ministre des Relations avec les citoyens, est un organisme sans but lucratif dont la mission est d’intégrer l’ensemble des activités organisées au Québec dans ce cadre. Le Bureau québécois devra aussi dégager un thème rassembleur, spécifiquement québécois, en lien avec le thème des Nations unies « Vers une société pour tous les âges ». De plus, il verra à élaborer une programmation à caractère national et à en assurer la promotion dans toutes les régions du Québec. Les 37 représentants des divers organismes et associations qui forment le conseil d’administration du BQAIPA, se sont réunis en assemblée générale le 4 mai dernier où ils ont élu Mme Monique Vézina comme présidente de l’organisme.